Je l’attendais ce film, la beauté simple de l’affiche et la bande annonce m’avaient immédiatement séduit et pourtant, j’ai pris mon temps pour y aller, au point de presque le rater. Mais j’ai enfin vu cette histoire de fantôme signée David Lowery avec Rooney Mara et Casey Affleck, juste avant qu’il ne disparaisse de la programmation des cinémas du coin. C’était il y a deux semaines. Il m’a fallu un peu de temps pour assimiler le film et trouver un peu plus à dire que « Fascinant ».

Car fascinant, A Ghost Story l’est assurément. Dans son concept et sa représentation de la mort déjà. Un simple drap sans artifices ou effets numériques, donnant à son fantôme un aspect plus proche des dessins animés ou des très vieux films que du cinéma actuel. Ce choix déroutant au premier abord, pouvant aussi faire sourire, est très vite éclipsé par le thème du film et l’histoire. A condition toutefois de réussir à accepter cela. Même en l’ayant aimer, je conçois que cela ne soit pas forcément facile, surtout si on ne sait pas vraiment ce qu’on va voir. J’ai vu quelques personnes partir après 15-20 minutes…

La lenteur en est peut-être aussi la cause. La lenteur et le silence. Tous deux très présents pour accentuer dans un premier temps, le deuil de Rooney Mara puis ensuite la solitude de Casey Affleck qui se retrouve là à ne pouvoir qu’observer et attendre celle qu’il aime.

Dans son traitement du deuil, A Ghost Story m’a beaucoup fait pensé, peut-être parce que je l’ai revu l’année dernière, à l’épisode The Body de Buffy the Vampire Slayer. J’y ai retrouvé le même regard sur l’absurdité du quotidien après la perte d’un proche et la même manière de montrer, non pas la tristesse, mais l’anéantissement que peuvent ressentir ceux/celles qui restent, le fait d’être là sans vraiment l’être, avant de doucement recommencer à vivre en faisant justement son deuil. Et comme pour The Body, je me suis senti vidé durant cette partie.

La force et la beauté du film sont pour moi de dépasser le deuil vécue par Rooney Mara (les personnages n’ont pas de noms, ce qui facilite encore plus l’identification), chose vue de très nombreuses fois au cinéma, pour nous placer dans le linceul de Casey Affleck. Au final, ce n’est pas tout à fait l’histoire de sa femme qui importe mais plutôt la sienne, le titre est très clair d’ailleurs, sa vie après la mort, son attente et sa recherche de réponse. Et alors qu’autour de lui (nous) une vie, deux vies, une dizaine peut-être se déroulent, il ne semble se passer que quelques semaines, jours ou heures pour ce fantôme. Si on ne voyait pas le drap se détériorer, on pourrait même imaginer qu’il ne se passe pas plus que la durée du film.

Je me suis entièrement laissé porté par la douce lenteur et la simplicité du récit jusque dans sa conclusion. Peut-être un peu frustrante même si totalement cohérente avec toute la mise en scène et la façon de raconter de David Lowery.  Et j’ai aimé être enveloppé tout du long par la mélancolie qui se dégage du film.

Fascinant.

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